L’œil de Fénelon

Édition printemps 2025-2026
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Le festival du court métrage de Clermont-Ferrand

Une vitrine incontournable du cinéma

Édition printemps • Auteur : Mikhaïl Savranin

Affiche du festival du court métrage de Clermont-Ferrand 2026

Pour son édition 2026, l’affiche du festival international du court métrage, signée par l’illustrateur lituanien Karolis Strautniekas, transforme l'emblématique cathédrale clermontoise en un navire majestueux (illustration par Karolis Strautniekas)

Créé en 1979, le festival du court métrage de Clermont-Ferrand s’impose aujourd’hui comme le festival de cinéma le plus important en France après Cannes par son audience, et le premier par sa fréquentation. Cette manifestation cinématographique consacrée au court métrage attire chaque année des dizaines de milliers de spectateurs et de professionnels venus du monde entier.

Des débuts modestes à une reconnaissance internationale

Avant même la création officielle du festival, des initiatives ponctuelles avaient vu le jour, notamment avec les Journées du petit Miquet en 1975, semaine consacrée au cinéma d’animation organisée par le ciné-club étudiant. Entre 1979 et 1981, le Cercle cinématographique universitaire de Clermont-Ferrand organise des semaines du court métrage. Devant le succès rencontré par cette initiative, l’association Sauve qui peut le court métrage est créée le 4 août 1981 afin d’encourager la création d’une manifestation pour mettre en valeur le film court.
Le festival naît véritablement en 1982 et prend rapidement une grande ampleur. D’initiative bénévole, il s’institutionnalise progressivement. En 1986, le premier Marché du Film Court à l’intention des professionnels est organisé, donnant au festival un intérêt économique. Deux ans plus tard, en 1988, le festival s’ouvre à l’échelle internationale. La fréquentation ne cesse de croître : en 1995, elle passe la barre des 100 000 personnes. En 2024, le festival a accueilli 166 000 spectateurs.

L’édition 2026 : une croisière cinématographique

La 48e édition du festival, organisée par Sauve qui peut le Court, se déroule du 30 janvier au 7 février 2026. Cette année, l’affiche créée par l’illustrateur lituanien Karolis Strautniekas transforme la silhouette iconique de la cathédrale de Clermont-Ferrand en un majestueux navire. Ses tours s’élèvent comme des mâts, ses voiles se gonflent au vent, et le monument se métamorphose en un vaisseau qui prend le large, invitant chacun à embarquer pour ce voyage cinématographique.

Une sélection exceptionnelle

Parmi les 8 826 films inscrits, 144 courts métrages ont été sélectionnés pour les compétitions : 64 pour la compétition internationale, 51 pour la compétition nationale, 24 pour la compétition Labo et 5 pour la nouvelle compétition XR. La compétition nationale présente des films qui ont déjà brillé dans d’autres festivals, comme Coyotes de Said Zagha, thriller puissant présenté à Venise, ou Vultures de Dian Weys, projeté à Cannes.

Des invités prestigieux

Le cinéaste franco-vietnamien Trần Anh Hùng, révélé en 1993 avec L’Odeur de la papaye verte (Caméra d’Or au Festival de Cannes), est l’invité d’honneur de cette édition. Membre du jury de la compétition internationale, il animera également une masterclass exceptionnelle. Son dernier film, La Passion de Dodin Bouffant (2023), lui a valu le prix de la mise en scène à Cannes et a représenté la France aux Oscars 2024.

Focus Asie du Sud-Est et rétrospective vacances

Cette année, le festival propose un panorama dépaysant consacré au cinéma d’Asie du Sud-Est, témoin d’un monde en pleine mutation, avec 25 films réalisés entre 2015 et 2024. La rétrospective thématique, elle, célèbre les vacances et l’évasion du quotidien, présentant des films comme Lila du collectif Broadcast Club ou Quinze août, le tout premier film de Nicole Garcia.

Nouveautés et événements

Une école éphémère du Cinéma, L’Atelier, est ouverte du 2 au 6 février avec l’ENS d’architecture, le centre Camille-Claudel et le conservatoire Emmanuel-Chabrier.

Une plateforme de découverte de talents

Le festival a permis de découvrir des réalisateurs qui se sont ensuite lancés dans le long métrage avec succès. Parmi les noms les plus célèbres figurent Cédric Klapisch, lauréat du Prix spécial du jury national en 1987 pour In transit, Jean-Pierre Jeunet avec Foutaises en 1990, ou encore Érick Zonca, Grand Prix national en 1995 pour Éternelles. Denis Villeneuve, Thomas Vinterberg, François Ozon, Éric Toledano et Olivier Nakache ont également été révélés à Clermont-Ferrand.

Le Marché du Film Court : un rendez-vous professionnel incontournable

En parallèle du festival se tient du 2 au 5 février le Marché du Film Court, qui réunit en un seul lieu toutes les catégories professionnelles du secteur : réalisateurs, producteurs, diffuseurs, acheteurs, écoles de cinéma, organismes nationaux. Les espaces du gymnase Jean-et-Honoré-Fleury ont atteint leur taux d’occupation maximal. En 2019, parmi les 3 500 professionnels accrédités figuraient des représentants du Short Film Corner du Festival de Cannes et, pour la première fois, des représentants de Netflix États-Unis en recherche de nouveaux talents.

Un impact économique majeur pour le territoire

Au-delà de son rayonnement culturel, le festival génère des retombées économiques significatives. En 2017, une étude menée par les chercheurs Xavier Hollandts et Daniela Borodak a révélé un impact positif global de 11 millions d’euros pour le territoire auvergnat. Les visiteurs non locaux, qui représentent 51 % des participants, ont dépensé 6,2 millions d’euros dans l’hébergement, la restauration, les commerces et les sorties.

Une programmation exceptionnelle

Au-delà des trois compétitions principales, le festival propose plus de quarante programmes spéciaux et 300 films à découvrir : une section jeunes publics gratuite sur réservation, des programmes comme Trigger Warning pour les films inclassables, Bloody Night pour les amateurs d’hémoglobine, Regards d’Afrique, Décibels pour les clips, ou encore diverses cartes blanches.
Plus d’une trentaine de récompenses pour des dotations s’élevant à plus de 150 000 € au total sont remises chaque année aux lauréats. Le Vercingétorix, trophée réalisé d’après une œuvre de Roland Cognet, est remis aux lauréats du grand prix, prix spécial du jury et prix du public. Le grand prix de la compétition nationale qualifie pour les Césars, tandis que le grand prix de la compétition internationale qualifie pour les Oscars et les British Academy Film Awards.
Le festival se déroule sur plus d’une quinzaine de lieux à Clermont-Ferrand, notamment le théâtre de la Comédie, la Maison de la Culture, le cinéma le Capitole ou encore l’Opéra. La cérémonie de clôture publique aura lieu le samedi 7 février. Fort de ses 173 000 spectateurs en 2025, le festival du court métrage de Clermont-Ferrand continue d’affirmer sa position de leader européen et de tremplin essentiel pour les jeunes talents du septième art.

SOURCE : Site officiel - Le festival du court métrage